Fin scénarisée Univers 2025 – Marée Sanglante
Chronique de fin – Antiques
Ces renforts celtes se révélèrent redoutables. Leurs charges furieuses mirent à mal les rangs latins, et bien vite certains apprirent à esquiver les lourds chevaliers, sous peine d’être broyés comme par un bélier lancé à toute vitesse. De ces combats naquit une fraternité guerrière inattendue entre Maurétaniens et Celtes, soudée dans la mêlée et le sang. Le début de la campagne fut âpre : la frontière vacillait, prête à céder sous la poussée des Joyeuses Compagnies. Pourtant, les sentiers secrets maintinrent un fragile ravitaillement et les forêts restèrent nôtres, protégeant les ressources vitales à nos armes comme à notre subsistance. Même les attentats orchestrés par les Joyeuses Compagnies et la Ligue Lykofos — jusqu’à l’infâme destruction d’un arbre sacré des Tectoïmes — ne suffirent pas à rompre cette fraternité née du fer et du sang.

Théséus, le jeune aristocrate de Massilia, sut flairer une faille. Il voyait dans les chefs de guerre celtes des tacticiens redoutables, mais étrangers aux subtilités des intrigues politiques. Là où leurs esprits vibraient au rythme des charges et des serments d’honneur, lui savait que la ruse et les mots pouvaient trancher plus sûrement qu’une lame.
Profitant de la confusion des batailles, il négocia la liberté de Massilia et l’ouverture d’un port. Brannoc et Bardoc, emportés par la fraternité née du combat, acceptèrent, croyant conclure une alliance d’honneur. Mais, au retour à l’oppidum, la vérité s’imposa : ils avaient pris la camaraderie des champs de bataille pour une garantie de loyauté. Les seigneurs maurétaniens les avaient dupés, et Théséus avait gagné par la ruse ce que d’autres cherchent dans le sang.
Le roi Bardoc, lié par la parole de son fils et de son ami, ne revint pas sur leur décision. Mais dans son cœur et dans les présages, il vit un danger : ces étrangers, maudits par les dieux, avaient conquis des terres de son royaume et imposé leur volonté par la ruse. Alors, dans sa sagesse et sa colère, il ordonna de grands jeux guerriers. Car seule la guerre, seule l’offrande de sang, seule la décision des dieux tranchera désormais le destin de Massilia.
Chronique de fin – Joyeuses Compagnies
La campagne des Joyeuses Compagnies fut rude et sanglante, mais elle forgea le fer des nouvelles recrues. Sous l’œil sévère de l’Oncle Viande, nos rangs déchaînèrent la fureur des charges et firent ployer les frontières entre le royaume des Tectoïmes et la naissante Massilia.
Certes, les forêts celtes demeurèrent imprenables, habitées de guerriers surgissant des troncs mêmes, comme si les esprits de la sylve combattaient à leurs côtés. Nul pillage ne put s’y accomplir. Mais là où les bois échappaient à nos lames, les pierres tombèrent : places fortes et murailles, ouvrage des Celtes, furent brisées l’une après l’autre par la science des armes latines. Avec l’aide des Héphaïstiens et les machines de Sire Brochette, murs et guerriers s’effondrèrent, offrant à nos bannières une part des terres convoitées.
Le grand arbre sacré des Tectoïmes, flambeau de leur foi, fut consumé par les flammes — œuvre des ombres et des traîtres soudoyés par les Bouffons de Malencontres. L’étau se resserrait déjà, et ce sacrilège marqua une plaie profonde dans l’âme du peuple celte.

Peu après, l’épée sacrée fut mise au jour par un érudit celte. Mais lors de son exfiltration, une embuscade des Joyeux Compagnons arracha la relique à ses porteurs. Ainsi, un nouvel emblème sacré fut volé aux Tectoïmes, affaiblissant encore leur légitimité sur ces terres que leurs dieux eux-mêmes semblaient abandonner.
Cependant, Corentin, absent du champ de bataille, tissait déjà l’avenir dans l’ombre des fondations de Massilia. Tandis que l’Oncle Viande s’employait à trancher les dernières gorges de la Ligue Lykofos et s’emparer de leur flotte, Corentin négociait avec les aristocrates de Massilia. Car une fois les navires saisis, ils seraient vendus au port naissant de Massilia, et les Compagnies offriraient leur bras armé pour protéger la cité encore vacillante. On dit maintenant que Corentin s’en est allé chez sa cousine Halvate.
Ainsi se ferme la campagne : par le fer et le feu, les Joyeuses Compagnies gagnent terres et or, et par la ruse des négociants, elles s’assurent déjà un contrat qui liera Massilia à leur épée.
