Les Scots
Ce peuple montagnard, retranché dans les hauteurs escarpées de l’île des Latins, occupe une large portion des terres centrales, là où les sommets se perdent dans les brumes et où les sentiers ne mènent qu’à ceux qui savent les lire. On raconte qu’ils descendent d’anciens Celtes et de Pictes ayant fui les côtes du Nord il y a près d’un millénaire. Ils portent en eux la rudesse des pierres et la mémoire des peuples oubliés.
Officiellement, leurs terres relèvent de l’autorité d’un prince-électeur latin, mais dans les faits, leur liberté est presque totale. Ils vivent au rythme de leurs troupeaux et des récoltes de tourbe, dans une austérité qui forge des corps solides et des esprits opiniâtres. Cette vie dure les rend peu enclins à courber l’échine : ils sont indépendants, fiers, et profondément attachés à leur clan.
Sur les champs de bataille, ils sont redoutables. Leur formation favorite, le schiltron, est un mur impénétrable de piques, vouges et bardiches qui s’abat comme une vague de bois et de fer sur les charges des cavaliers latins. Parmi leur aristocratie, certains manient d’immenses haches à deux mains, capables de fendre les boucliers et de briser les hauberts comme du bois sec. Ils compensent leur infériorité numérique par une discipline de fer et une soif de survie à toute épreuve.


Leur apparence est un curieux mélange d’influences. Ils empruntent aux Latins la coupe des tuniques et des capuchons, mais y ajoutent leurs propres motifs, souvent en tissus de tartan ou aux broderies symboliques rappelant leurs racines celtiques. Beaucoup d’entre eux refusent de porter les braies et chausses latines, leur préférant de longues chaussettes épaisses ou des bandes molletières, laissant les jambes à l’air, même par temps froid, comme un signe de bravoure ou de défi.
Côté équipement, la majorité se contente d’un gambison ou d’une broigne, légers mais efficaces. Seule la noblesse peut se permettre le luxe d’un haubert de mailles ou de quelques pièces d’armure importées. Mais leur véritable armure, c’est leur endurance, leur solidarité, et leur rage de vivre libres, même au bord du monde.
D’ailleurs, nombreux sont ceux parmi eux qui, lassés des terres ingrates de leur enfance ou attirés par la promesse de gloire et d’or, prennent la route pour devenir routiers. Et s’il est un nom qui revient souvent dans les tavernes où l’on recrute les hommes de guerre, c’est celui des Joyeuses Compagnies. On y croise bien des montagnards du Nord, reconnaissables à leurs accents rauques, à leur goût du combat, à leur rire épais et à leur manière de lever la chope avant la bataille. Redoutables mercenaires, ils se font une place dans les rangs par leur ténacité, leur capacité à encaisser… et à frapper là où ça fait mal.
L’inspiration des costumes est à chercher du côté des peuples Ecossais et Irlandais du 11e au 14e siècle.